Extrait
Dernièrement deux vidéos publiées sur la chaîne YT UFO-Conscience de môssieur De Sedona abordent le cas de Cussac. Stéphane Baron, scientifique, y développe sa théorie explicative du cas par un ballon peut être « secret » en « mylar aluminisé » déployé à ce moment-là et à cet endroit-là par une équipe de 4 techniciens.
Je ne vais pas présenter ici le cas de Cussac (que les éventuels lecteurs connaissent déjà).
Je vais plutôt présenter des éléments qui selon moi peuvent réfuter cette hypothèse du ballon. Il ne s’agit pas ici de critiquer Mr Baron mais son argumentaire afin que celles et ceux qui ont suivi cette affaire puissent se faire une idée de la solidité argumentaire de cette hypothèse ou pas. Hypothèse respectable au demeurant.
Je vais tenter de démontrer que déployer un ballon « dans la verte » de façon secrète à cet endroit-là n’est pas évident, mais alors pas si évident du tout. Que le mobile de ce déploiement, à savoir un espionnage des radars soviétiques en Tchécoslovaquie est très loin d’être pertinent. Que les traces au sol dont témoigne un gendarme ne s’expliquent pas aisément par la focalisation solaire couplée de décharges électrostatiques. Et enfin que tout comme le TIC-TAC, spéculer qu’un programme top secret (Palladium + stay behind) ou scientifique (Ghost) soit finalement l’ossature qui justifie qu’un ballon mylar aluminisé – très rare à cette époque – soit déployé à cet endroit là relève d’une sorte de fantasme du tout secret. Au final, cette étude de Mr Baron, même si elle est sérieuse et se veut scientifique (calculs, recherches, sources), souffre de beaucoup d’extrapolations qui relèvent plus d’une démarche d’un enquêteur que d’une étude scientifique à proprement parler. Par contre enquêteur pugnace qui n’a pas ménagé ses efforts, qui plus est transparent et dans l’échange et pour cela respect à Mr Baron.
Hypothèse proposé par Mr Baron

Est-ce que cela pouvait être un ballon stratosphérique ou autres ballons ?
En première approche, l’hypothèse ballon peut être séduisante. Mais si l’on s’y penche plus en profondeur, quelques éléments – clés selon moi – posent questions. Quelles est l’hypothèse précise développée par Mr Baron concernant ce potentiel ballon ?
“un ballon stratosphérique en mylar aluminisé d’un projet OTAN ou CIA”.
Le diamètre
Selon les témoins, le ballon avait un diamètre, en première approche subjective entre 2 et 3 m puis après calcul par GEPAN entre 3m (la fille) et 5 m (le garçon). Les enquêteurs GEPAN trouvent que 5 m est plus cohérent car 4 passagers à embarquer induisent cette taille.
Mr Baron, lui, donne une estimation de la taille du ballon en fonction de la trace au sol dont un gendarme témoigne (Trace qui serait de 4 à 5 m de diamètre au sol d’herbe jaunie, qui le serait restée pendant 2 à 3 jours). Il le calcul car il infère que la trace proviendrait de deux effets sur la végétation dû aux reflet du soleil sur le ballon en mylar aluminisé (focalisation solaire) et à des décharges électrostatiques. Avant de plonger dans les articles scientifiques qui servent à Mr Baron dans cette assertion, je fais simplement une étude des circonstances lors de l’observation selon les sources disponibles.

J’ai en quelque sorte fait des recoupements sur les conditions « solaire » lors de l’observation des témoins. A partir d’une photo et d’un plan issues des premières enquêtes de terrain et des différentes données du lieu :


j’ai réalisé une reconstitution de comment le ballon pouvait être éclairé. D’abord j’ai cherché les conditions solaires à Cussac à la date et l’heure de l’observation. J’obtiens :

Le soleil était élevé à un peu moins de 40 ° de latitude et venait de la direction longitudinale légèrement supérieur à 135°, ce qui donne depuis google earth 3D :


On voit ainsi comment le soleil vient frapper l’éventuel ballon par rapport aux témoins (cercle bleu avec T). Maintenant je détermine de quelle longitude est le soleil par rapport aux témoins :

Donc, le soleil est derrière eux depuis leur gauche (j’ai repris une carto d’époque).
Maintenant que j’ai contrôler que les éléments de la première enquête sont bons (légère erreur de calculs de positions du soleil que j’ai précisé) nous reconstituons ceci :

J’ai remplacé la boule dessinée par une qui se rapprochait de l’aspect d’un ballon très réfléchissant. Sachant qu’en réalité elle se trouve derrière la haie. Mais c’est juste pour mettre en exergue le principe.
Maintenant je vais analyser ce que le rayonnement du soleil peut produire sur ce ballon par rapport à l’élévation du soleil et sa direction.
La première illustration peut nous donner un aperçu de ce que donneront les effets de lumières sur une sphère éclairée dans les conditions que je donne supra. Néanmoins il ne faut pas oublier que le ballon s’il est en mylar aluminisé sera bien plus brillant, mais le principe restera le même:

La deuxième image tente d’illustrer comment le soleil est réfléchi. Les flèches jaunes donne une idée des directions de réflexions du soleil, les grises représentent l’ombre (là où le soleil ne frappe pas) et ainsi vous pouvez voir une représentation estimée et de principe de l’ombre portée au sol

Mr Baron indique dans son hypothèse que la focalisation solaire (en gros un effet loupe !) aurait pu créer le cercle de trace au sol que décrit le gendarme (représenté par le cercle en pointillés rouge). Or on voit bien ici par ce schéma de principe que la focalisation vers le bas n’est pas si évidente qu’il le dit et cela même si le ballon était plus élevé. En effet le reflet spéculaire est clairement situé vers le haut et ne peut produire une focalisation solaire violente vers le bas. Dans ce schéma de principe, je n’ai pas évoqué la rangée d’arbres qui pourrait également faire de l’ombre. De plus, si une équipe gonfle le ballon ce dernier bouge. Or tout le monde sait que si l’on bouge la loupe pour allumer un feu cela va être compliqué, sauf si le rayonnement est extrêmement puissant.
De plus après quelques recherches le papier « mylar aluminisé » absorbe une partie de la chaleur c’est grâce à cela que les gaz dans les ballons stratosphérique restent à bonne température afin de rester en l’air (source).
Pour déterminer cela, il n’y a pas besoin d’aller sourcer par une publication scientifique. Le bon sens permet de comprendre que la focalisation solaire n’explique pas la trace au sol d’herbe jaunie qui plus est assez fortement étant donné qu’elle a subsisté 2 à 3 jours. De plus, à l’heure de l’observation (10h30), la situation géographique et les relevés météo des différentes sources ne tendent pas non plus vers une herbe soumise à la sécheresse.
Il faudrait que Mr Baron prouve “vraiment” que le mylar dans les conditions de ce moment-là puisse réellement dégrader l’herbe ce qu’il ne fait pas. Ainsi les calculs qu’il réalise ensuite par rapport à la trace circulaire au sol pour déterminer au travers de l’extension périphérique sont selon moi inutiles sauf s’il considère que le ballon est totalement immobile le temps de sa mise en place, reste sur place un bon moment et enfin que les techniciens du ballon sont insensibles à la chaleur. Car il faudrait, je le répète, une focalisation solaire puissante !
Ensuite Mr Baron évoque des décharges triboélectriques allant vers le sol et abîment également et aggravent la situation de l’herbe déjà nécrosée… Alors j’ai envie de dire si le ballon mylar est au-dessus du sol cela signifierait que des éclairs se forment et même sans éclairs les décharges ne feraient rien aux techniciens ? Ce que je veux dire c’est que même si le ballon se charge électrostatiquement ce n’est pas non plus un générateur de Van de Graaff !

SB fourni une réponse à Mr Maillot à propos de la charge triboélectrique sur uap-blog :

Alors il est tellement dangereux que les techniciens ont du courage je me dis. Mais si l’on regarde les photos de l’enquête.

Les techniciens semblent s’être installés proche du poteau électrique (en rouge) donc… Bon vous me direz ce n’est pas la haute tension, mais au décollage si le ballon se décale ?! Bref les techniciens n’ont pas trop réfléchis à leur affaire visiblement.
Ainsi Stéphane Baron (SB) fournit une référence scientifique, c’est un livre sur l’électricité atmosphérique de Chalmers avec un article sur les transferts de charge au sein et entre les polymères. L’article scientifique ne précise pas comment les polymères se déchargent vers le sol ou en tout cas ne donne pas d’éléments clé pour affirmer que cela peut détériorer l’environnement (ou alors je n’ai pas trouvé !). De plus après quelques recherches sur Chalmers (je n’ai pas son livre) il apparaît que ce scientifique est un spécialiste des réactions électriques dans l’atmosphère mais il n’a jamais développé d’éléments précis sur le mylar ou les réactions électriques en basse atmosphère, si ce n’est les charges électriques des arbres (sources). Mais soit ! Cela permet d’appuyer le fait que l’air peut être chargé électriquement.
En fin de compte je prends conscience, sûrement à tort, que SB fournit des études très générales pour appuyer des éléments très particuliers.
Les perceptions des témoins
Sur cet aspect je n’ai rien à développer, dans les grandes lignes nous savons tous ce qu’il en est des témoignages, et SB présente des éléments concrets appuyés et cohérents… Selon moi. De plus je vous conseille les enquêtes de Mr Maillot et de Mr Pinvidic qui se recoupent sur le contexte psychosociologique. Mais j’y reviendrai en toute fin.
Le mylar aluminisé
SB démontre lui-même la rareté du mylar aluminisé à l’époque, même le CNES ne l’a utilisé que 10 ans plus tard. Il explique que « dans les années 60, l’utilisation de films mylar aluminisés reste très coûteuse et réservée aux programmes spatiaux. En France le CNES envisageait des tests pour ballons stratosphériques à partir de 1972 ». Cela est à garder en tête pour la suite.
La trajectoire en spirale
SB se sert d’un article scientifique de la NASA sur les ballons stratosphériques pour expliquer le départ en spirale. Alors oui dans l’article qu’il donne il en retient la phrase suivante :
« Les ballons à hautes altitude présentent souvent une trajectoire spiralée au décollage due au cisaillement des vents, avec 5 à 6 rotations avant stabilisation »
Ok mais il n’est pas précisé pour de tel ballon jusqu’à quelle altitude sa montée est considérée comme la phase de décollage. Est-ce dès les 10 à 20 premiers mètres ? Les ballons strato peuvent partir en spiral comme cela est décrit dans les témoignages (fig1) ? En cherchant ce que sont les vents de cisaillement et notamment en basse altitude je trouve plusieurs éléments explicatifs, dont celui-ci

On se rend compte ici que le cisaillement des vents se joue tout de même sur des altitudes bien différentes des 10 à 20 mètres que l’on retrouve dans les témoignages. En fait, les cisaillements de vents et notamment directionnels se produisent et se sentent sur une hauteur élevée (voir le schéma de droite au-dessus).
Donc je déduis que sur le document dont se sert SB l’auteur parlait d’un décollage en spiral mais bien plus lente et sur une distance de montée bien plus importante en altitude. Par exemple de 0 à plusieurs milliers de mètres d’altitude pourrait être considéré comme la phase de décollage d’un ballon stratosphérique durant laquelle il réalise ses 5 à 6 rotations ! Et cela SB ne le précise pas alors que c’est en fait l’élément clé.
Néanmoins, cela est tout de même soumit aux témoignages des enfants qui ont peut-être retranscrit le mouvement hélicoïdal proche du sol alors que ce mouvement était bien plus haut dans la couche basse atmosphérique… Mais la possibilité de se méprendre de façon aussi forte est discutable !
Aspect technique gonflage de ballon.
SB dans son hypothèse parle d’un ballon d’environ 4 m de diamètre, en mylar aluminisé. Ainsi on peut considérer que ce ballon est un ballon à niveau constant soit à pression constante il est très peu probable que ce soit un ballon à pression 0 mais SB semble l’oublier quand il répond à une critique de Mr Maillot sur uap-blog.
Alors si on cherche 2 minutes sur internet on trouve:

“La conception GHOST a exploré les performances d’un ballon à surpression avec une enveloppe sphérique en film PET à deux couches retenant le gaz à l’intérieur à une pression plus élevée que l’atmosphère environnante, lui permettant de maintenir une altitude presque constante. Ces ballons à gaz flottent à une altitude-densité constante , [ 3 ] où le ballon déplace une masse d’air égale à sa propre masse. L’expansion du gaz de levage due au chauffage solaire [ 1 ] est évitée dans un ballon à surpression, car le film PET inextensible permet à la pression d’augmenter lorsque le gaz est chauffé, plutôt que de permettre au volume de se dilater.”
J’ai remarqué dans mes recherches plusieurs éléments :
- Les ballons stratosphériques zéro pression ou niveau constant exigent une mise en œuvre soignée de par leur fragilité intrinsèque (matières, sondes etc…). Car même en surpression, l’enveloppe reste fragile.
- Ils nécessitent également une base de lancement, et lorsque l’on voit des photos de bases de lancements c’est une infrastructure avec une empreinte au sol conséquente ;




On voit bien ici les infrastructures basiques pour lancer tous types de ballons strato. Alors vous me direz, oui… mais… Pour un ballon plus petit… j’aborde le sujet plus bas !
- Il faut bien entendu les gonfler ! Et pas n’importe comment, il y a une procédure, de plus les enveloppes sont très fragiles. Aussi en regardant quelques images on peut constater pas mal d’éléments !

Il y a 2 semi-remorques de bouteilles de gaz !! C’est juste impressionnant ! Ici je ne montre pas les grues et autres véhicules de manutention nécessaires au lancement de ces ballons ! Mais vous allez me dire que c’est pour un ballon très volumineux ! Cependant pour un ballon, même de 4 à 5m de diamètre, il faudra en envoyer du gaz.
SB nous présente une photo de ballon GHOST sur l’image suivante :

En faisant quelques recherches j’ai trouvé une autre image des ballons GHOST, on y voit cette fois ci le ballon aluminisé et c’est bien différent :

Source : royal society
Dans la source ils disent que le ballon fait 3 m de diamètre. Clairement ce n’est pas le cas sur la photo mais les sources sont formelles C’EST une photo d’un ballon GHOST (cf infra). Néanmoins SB dit qu’ils peuvent faire entre 2 et 10 m.
Mais le sujet c’est de savoir comment le ballon est gonflé, si vous regardez bien la photo au-dessus vous remarquerez une bonbonne de gaz à droite en bas et derrière le ballon… elle est assez volumineuse non ? Aussi je me pose la question, même pour un ballon plus petit qu’il faudrait gonfler à l’hélium sur le « terrain » ne serait-ce pas une réalisation difficile techniquement ?
J’ai trouvé une image qui peut aider à se le représenter.

Le ballon ici semble plus proche des 3 m… On voit tout de suite que les techniciens ont du matériel avec eux, très certainement de quoi gonfler le ballon. De plus, le ballon pour son transport doit être dans une enveloppe protectrice qui elle aussi aura un certain volume. On comprend ici que c’est une empreinte au sol assez importante. Il faudra donc du temps pour déplacer tout cela ! Surtout avec seulement 4 techniciens !
Première conclusions :
Clairement SB présente dans son hypothèse un gonflage de ballon “à l’arrache” dans une zone proche d’arbres en pleine campagne et proche d’un village et même d’un agriculteur qui est sur son tracteur dans un champ tout proche. Un ballon top secret je le rappelle soit GHOST (qui n’est pas secret mais peu connu à l’époque) soit Palladium.
Alors je veux bien que le ballon soit son hypothèse mais en la présentant il ne précise absolument pas comment les “techniciens/opérateur du stay behind” peuvent bien réussir ce tour de force de venir “en camionnette” des années 60, stationner le véhicule loin – car personne n’a vu de camionnette – puis sortir l’ensemble du matériel à 4 pax, aller dans le champ proche d’une haie qui les camoufle, certe, mais compromet l’intégrité du ballon si jamais il s’élève vers les arbres. Poser le ballon au sol, le GONFLER, et c’est tout une technique car le ballon doit être gonflé avec un ratio de 0,8 en hélium et ils doivent donc avoir fait les calculs en avance pour savoir à quelle pression de leurs bouteilles d’hélium (assez lourdes) ils devront arrêter le gonflage pour que le ballon soit gonflé comme il le faut, tout en le fixant au sol, tout en prenant des décharges électriques et une focalisation solaire en compte, lâcher le ballon, puis enfin s’enfuire en courant avec le matériel de gonflage, la housse protectrice du ballon, le piquet, donc le marteau ou la masse qui va avec. En n’oubliant rien sur place !
Je ne sais pas vous mais pour moi ces gars réalisent un exploit, de fait en entrant dans le détail de façon pragmatique cette hypothèse économique ne l’est plus vraiment.
Je me suis surtout posé la question de savoir la quantité d’hélium et par conséquent combien de bouteilles d’hélium seraient nécessaires. Voyons voir je vais faire un calcul “à l’arrache”, partons sur un ballon de 3.66 m de diamètre (1,58 m de rayon donc), son volume sera de 25.66 m3.
En cherchant sur internet il y a un site qui explique le gonflage de ballon mais surtout qui fournit un calculateur où il suffit de rentrer les éléments pour obtenir la quantité de gaz à injecter mais surtout la pression du réservoir de gaz à laquelle le technicien doit s’arrêter pour remplir le ballon avec la bonne proportion d’Hélium. Ce que je fais mais sans remplir toutes les variables.

source: calculateur et explications de principe
Il faut donc remplir le ballon avec 20,53 m3 d’hélium ! Maintenant je part sur des bouteilles d’hélium pressurisés à 200 bars de 20 L, la capacité de stockage est de 3,6 m3 soit 3600 Litres par bouteille. Le ballon doit être rempli à 20,53 m3 soit 20530 Litres.
20530 / 3600 = 5,7 bouteilles de 20 L à 200 bars avec détendeurs et tuyaux.
Donc les gars doivent se trimballer 6 bouteilles de 20L soit 6 fois :

210 Kilos en plus du reste ! On comprend tout de suite que l’exploit est assez impressionnant ! Et même si le ballon faisait 2 m de diamètre, le problème serait moindre mais violent quand même pour les techniciens !
Mais vous me direz qu’ils auraient pu remplir la ballon dans le fourgon, mais comment ? à moitié, au ¾ ? Et même là cela ne rentrera pas dans un fourgon… Alors peut-être un poids lourd ?
Voici pour cette conclusion d’étape sur l’aspect technique de l’affaire du remplissage de ballon à Cussac ! Mais poursuivons. Non attendez ! J’ai remarqué quelque chose dans les diapositives de SB qu’il a présenté sur UFO-conscience, il présente un tableau avec les différents programmes “maîtrisés” côtés US.

Notez bien les tailles de ballons mentionnés ! Explorer 9 est à 3,66 m de diamètre, plus loin il présentera une photo de ballon Ghost qui mesure ?

Je vous le donne en mille 3,66 m ! Coïncidence ? je ne sais pas mais cela expliquerait pourquoi il y a une telle différence entre cette photo et la photo de ballon Ghost que je retrouve plus haut !! Mais bon c’est un détail ! Non en fait ce n’est pas un détail ! J’ai cherché des images de ballons explorer 9… Et j’ai trouvé:

SB nous présente donc un ballon explorer 9 comme étant un ballon Ghost ! Ainsi vous avez ici, sur mon article et en exclusivité une photo plus haut d’un vrai ballon GHOST !
Les autres ballons !
Et bien oui, à ce moment-là d’autres ballons sont détectés. Un premier article de journal parle de ballon mais peut-être de satellite, bref rien de concluant. Mais un autre article parle d’un ballon à 21000 m qui fait qu’un avion de chasse est envoyé. La conclusion est que c’est un ballon envoyé par le CNES depuis la base de lancement d’aire-sur-l’Adour. Alors SB explique que rien ne prouve que ce soit un ballon du CNES car pas d’archives, mais bon dès 1964 il y a des lâchés de ballon, il y a même une photo de 1966.

Ce qui me gène dans le fait que SB explique qu’il n’y a pas de preuve que ce ballon venait du CNES est que cela lui sert, avec l’autre ballon, à inférer que le “ballon” de Cussac ferait parti d’un projet plus vaste de lancements multiples. Alors que la ballon à 21000 m ne peut qu’être un ballon stratosphérique assez costaux. En effet il suffit de voir les types de ballons ou ne serait ce que leur volumes pour comprendre que c’est du lourd !

Et comme je l’explique plus haut, il faut une sacrée infrastructure pour mettre en œuvre ces ballons – ne serait-ce que les remplir de gaz – surtout ceux qui naviguent à 21000 m. Et devinez quoi ? La seule base de lancements de ballons de cette envergure en France est le site de lancements du CNES à Aire-sur-l’Adour !
Le ballon intercepté par l’avion de chasse est très certainement un ballon du CNES et n’a rien à voir avec le ballon de Cussac. Mais bon vu qu’il n’y a pas d’archives… (le scepticisme a ses limites !).
Ici il est très clair que SB extrapole ces données pour donner corps à l’hypothèse du ballon pour expliquer Cussac ! En gros il s’appuie sur deux autres cas de ballons dont un ne prouve absolument rien car ce n’en est peut-être même pas un et un deuxième qui est très certainement un ballon du CNES, pour affirmer qu’il y a certainement eu une campagne de lâchés de ballons du même type que celui de Cussac. Je l’affirme ici c’est un biais de confirmation et non une argumentation solide. Donc pas de campagne de lancement selon moi !
Projet Palladium
SB affirme:

Il précise que c’est spéculatif ! Et effectivement ça l’est, néanmoins il explique ensuite que son hypothèse est de plus en plus robuste… En ces termes:

Ce qu’il y a c’est que c’est la spéculation au dessus spéculation qui donne de la robustesse à son hypothèse ! Mais plongeons plus en profondeur sur le projet Palladium. SB est sûr que le projet Palladium est une histoire de ballons. Et il évoque le fait qu’aucune photo de ballons Palladium existe… Et pour cause, le coeur du projet palladium n’est pas une histoire de ballons. Je vais essayé de le démontrer.
Le projet palladium est ressorti après 2017 et l’avènement de la déclassification des fameuses vidéos d’UAP. Il a été question d’expliquer les visuels par les pilotes de la navy en 2015 par des ballons RCS cibles ou de faux écho radar créés par une technologie de type Palladium. Un ancien de la CIA qui a travaillé dans la zone 51 a parlé du projet Palladium et notamment de son utilisation contre l’URSS et les Cubains.
Je connaissais déjà ces éléments et en m’y replongeant je vais en faire un résumé.
Le projet Palladium est une opération secrète menée conjointement par la CIA, la NSA et la Navy. Lorsque les US ont su que l’URSS installait des rampes de missiles et l’ensemble de son système radar de défense sol-air relié avec ses radars d’acquisition de tir, ils se sont rendu compte que c’était une opportunité pour tester les capacités de détection des Soviets. Pourquoi cette idée ? Car à ce moment là les USA finissent de développer leur avion A-12 cygnus révolutionnaire de par sa très faible empreinte radar. Mais ils ne savaient pas si finalement les radars ennemis les détecteraient.
A Cuba ils déploient un croiseur de la NAVY avec la technologie d’émission palladium qui consiste à créer de fausses pistes radars, en parallèle, les opérateurs de la NSA étaient en écoute des opérateurs de radars Cubains et soviets pour suivre leurs réactions en direct. Une fois cela en place un sous-marin faisait surface proche des côtes Cubaines et lâchait plusieurs ballons cibles radars (basiques) avec des petites sphères métalliques de différentes sections radars accrochées. Les radars Soviétiques détectèrent jusqu’à la plus petite cible radars en dirigeant leur batterie de tirs sur les cibles. C’est comme cela que Palladium permi de comprendre que le A-12 serait détectable dans le cadre des missions de renseignements pour lesquelles il a été développé.
En fait selon mes sources, Palladium n’est pas un projet de ballons, le cœur de ce projet est le système de transmission de fausses cibles radars couplé aux écoutes de la NSA et l’envoi parfois de ballons RCS. On comprend ici que ce ne sont pas des ballons de type Ghost ou stratosphérique ce sont des ballons basiques avec des réflecteurs radars. par exemple le type de ballon lâché à Cuba ressemble à cela

Pour le reste je n’ai trouvé aucun élément qui expliquent que Palladium est un projet dont le cœur est l’utilisation de ballons. Je le répète, cela n’a rien à voir. Le projet Palladium démontre que le système exige une coordination assez incroyable entre l’émetteur de la CIA, les écoutes de la NSA et les lâchés éventuels de réflecteurs radars… Alors comment trouver une logique de lâcher de ballon à Cussac à des milliers de kilomètres des systèmes radars ennemis. Cela signifierait que les opérateurs du palladium et les écoutes de la NSA devraient attendre patiemment que le ballon arrive (ballon qui n’est pas un réflecteur radar) au bout de plusieurs jours… Ou pas !
SB m’avait fourni une réponse sur les ballons de Palladium avec me semble t il les réponses d’une IA type GPT.

La mienne d’IA me donne une toute autre réponse, voir le lien en dessous. Pour le lire il faut télécharger ChatGPT:
https://chatgpt.com/share/68fcf05f-fe60-8005-a774-c4b2739b4de2
Ainsi proposer comme spéculation que le projet Palladium est une source explicative de ce cas au milieu de nul part dans le Cantal est tout de même questionnante ! SB développe le fait que les circonstances géostratégiques faisaient sens ! Voyons voir…
Projet Stay Behind et contexte géostratégique
Alors pour stay behind cela va être rapide, ce programme US prévoit d’installer des agents dormants du pays (en général) en cas d’invasion pour constituer l’ossature d’une guérilla une fois le pays envahi par les Soviétiques… Ce sont donc des agents dormants, ils ne vont donc pas réaliser d’actions avant que le pays soit envahi… Sinon ils risqueraient de se faire repérer avant même que l’invasion commence. Mais à partir de cela SB extrapole sur le fait que ces cellules pourraient stocker le matériel pour lancer les ballons ! Comme je l’ai expliqué plus haut, c’est beaucoup de matériel sensible, secret et rare. De plus, il faudrait que ces cellules stay behind soient formées au lancé de ballon de la sorte… Cela ne s’improvise pas, mais alors pas du tout en fait ! Je ne développe pas plus !
Concernant le contexte, oui la France quitte le commandement intégré de l’OTAN un an avant. SB explique que les US doivent donc pallier au fait de quitter leurs infrastructures et, de fait, ne plus en avoir. D’où le recours aux ballons de campagnes. Il explique par des calculs (il a dû y passer beaucoup de temps) que les conditions étaient bonnes pour que les ballons arrivent en Tchécoslovaquie.
Je ne vais pas trop développer là-dessus, cependant les anciennes bases US se situaient dans une zone géographique particulière en France un an auparavant.

Elles étaient toutes très éloignées du Cantal. SI les US ou l’OTAN avaient encore des gars dans le coin c’est plutôt au nord-ouest que ces opérateurs seraient actifs. C’est là haut qu’ils pourraient encore avoir du matériel. Pourquoi aller dans le Cantal alors ?
Oui je sais c’est parce que les conditions de réussite d’arrivée du ballon étaient optimales selon SB. Mais… Car il y a encore un mais pour GHOST les ballons étaient capables de rester des mois en l’air…
231 ballons GHOST ont été lancés sur une période de quatre ans entre mars 1966 et décembre 1969. Le 29 septembre 1968, un ballon GHOST de 3 mètres de haut, à une altitude d’environ 16 000 mètres, a effectué 365 jours de vol, devenant ainsi le premier ballon à voler pendant une année entière. [ 1 ] Ce ballon record, lancé depuis Christchurch , en Nouvelle-Zélande, par le Centre national de recherche atmosphérique (NCAR) des États-Unis, a continué de voler pendant 76 jours supplémentaires, effectuant 35 tours du monde. Le vol le plus long du programme a duré 744 jours, soit un peu plus de deux ans.
Alors de ce fait, où est la logique de ce départ de ballons en campagne, à l’arrache alors que ces ballons peuvent être déployés depuis un base de lancement normale en confort parce que le ballon peut faire le tour du monde. Et les courants favorables peuvent être prédits à l’avance pour arriver à bon port depuis des bases bien plus propice au gonflage et à la mise en œuvre. A ce moment là depuis la base de lancement Française ou depuis des bases d’autres pays où ils sont restés !
Les raisons invoquées par SB manque selon moi de logique. Le type de ballon qu’il propose ne correspond pas du tout au type de déploiement à l’arrache à Cussac. De plus à ce moment-là il y avait des satellites et il y avait les avions pour faire du rens. C’était beaucoup plus propice pour obtenir des résultats de SIGINT comparé à un lâché de ballon à l’arrache.
Pour tester les radars Soviets, il suffisait simplement de lâcher des ballons réflecteurs RCS à la frontière de la Tchécoslovaquie. On voit bien ici que SB confond les types de ballons et leur effets finaux recherchés.
Conclusion
Et non je ne résout pas le cas de Cussac ce n’était pas l’objectif. Stéphane Baron à travaillé et passé beaucoup de temps sur la résolution de cette affaire, mais:
- Il ne prouve rien concernant les traces de brûlures au sol – d’ailleurs elles n’ont peut-être jamais existée – que ce soit par le soleil ou l’électricité statique;
- Le mouvement de rotation du ballon au départ est expliqué de façon bien trop nébuleuse.
- Il n’a pas du tout pris en compte l’empreinte au sol, le poids du matériel et surtout la méthode de gonflage d’un tel ballon, je réfute la possibilité de réaliser cet exploit à Cussac ou n’importe où dans la verte en mode dégradé;
- Il s’est trompé sur les ballons Ghost. Je réfute son utilisation;
- Il s’est trompé sur Palladium, je réfute cette assertion ;
- D’autres ballons (un seul de confirmé en fait) ne donne pas corp à une campagne de lancement ;
- Et enfin le contexte géostratégique ou encore le projet stay behind ne donne pas corps à son hypothèse au contraire.
En somme je réfute la mise en œuvre et le lâcher d’un ballon Ghost, encore plus Palladium comme hypothèse explicative du cas de Cussac. Le réel contexte des besoins en renseignement avec des ballons se trouve sur cette source. j’en présente un extrait mais lisez le pour comprendre que rien, après étude, ne donne un mobile crédible à l’hypothèse de Stéphane Baron.
“Alors que les premiers survols nécessitaient l’approbation présidentielle, au début des années 1960, sous l’administration Kennedy et les suivantes, un processus plus régularisé fut mis en place sous la forme du « Groupe spécial », créé durant les dernières années de l’administration Eisenhower et rebaptisé Comité 303 en 1964.[17] Le Comité 303 était présidé par le conseiller à la sécurité nationale du président et devait approuver les demandes de survol aérien de territoires étrangers par des avions pilotés ainsi que par des drones. Ses membres étaient guidés par deux principes fondamentaux : les renseignements recherchés étaient-ils réellement importants et le risque politique en valait-il la peine ?
En 1964, le programme de ballons AKINDLE de la CIA s’est heurté à de fortes résistances de la part du Comité 303, dont les membres ont clairement indiqué qu’ils n’approuveraient aucun survol de l’Union soviétique en ballon. En août, de hauts responsables du renseignement, dont le directeur de la CIA, John McCone, ont « discuté de l’inutilité de relancer la proposition de survol en ballon ». [18]
En janvier 1965, le National Reconnaissance Office a également envoyé à la CIA le budget présidentiel approuvé pour l’année fiscale 1966, qui supprimait tout financement pour le ballon ELINT et un programme de « ballon photo », bien qu’il ne soit pas clair où la décision de supprimer le financement des programmes de ballons a été prise.[19] Les documents existants n’indiquent pas si la CIA a même développé du matériel opérationnel pour le ballon ELINT.”
Sapere aude les pax !!
